Les Joutes de Kernével
Qui était Boulig Koz?

François Boulic, alias Boulig Koz, vainqueur du premier concours de musique bretonne organisé à Brest en 1895, est né à Ty Chalony, en Scaër, en 1848. Issu du milieu paysan, il découvrit la musique fort jeune, un membre de sa famille lui ayant offert un biniou. D’aucuns prétendent que , dès ses huit ans, il jouait du violon !

Pour échapper aux travaux des champs, il se réfugiait dans les arbres, et là, des heures durant, répétait les airs qu’il avait entendu ici ou là...

Suite à son mariage, il élit domicile à la ferme de Pennanguer, en Kernével, oú résident encore aujourd’hui certains de ses descendants. Mais bien vite, la musique le rattrape, expliquant peut-être son peu d’empressement pour son travail de métayer. Il est vrai qu’à cette époque, les travaux des champs sont rudes, et bien moins rentables que le braconnage ou les animations musicales !!

Excellent musicien, il sonne pour fêtes et mariages, avec de nombreux partenaires. Avec son compère Le Bihan, de Scaër, il participe au premier concours de musique bretonne, à Brest, le 11 Aout 1895. Tous deux l’emportent devant 41 autres couples !

Ce premier prix, en monnaie sonnante et trébuchante, équivaut à quarante jours de travail d’un métayer ! Ils recevront également un prix honorifique, pour eux et leur commune. Cette victoire est relatée dans « l’illustration » du 17 Aout de la même année. François Boulic acquiert alors une grande renommée. Il est fréquemment sollicité pour les fêtes, les mariages. Il forme de nombreux jeunes , dont Gus Salaün , né en 1870 à Bannalec.

En couple avec Coroller, il gagne le concours de Quimper en 1908, organisé à l’occasion de l’inauguration du monument érigé à la mémoire de La Tour d’Auvergne. Suite à ce concours, un photographe le prend pour sujet de carte postale, une médaille est frappée à son effigie, un buste est réalisé !

Mais cette aventure va s’interrompre singulièrement : Boulig koz est depuis longtemps suspecté de braconnage : « on » l’aurait vu chasser sur le mont Frugy, à Quimper, ou à St Goazec... Poursuivi par la maréchaussée, sautant un talus, il tombe et se casse une jambe.

Mal soigné, il meurt de la gangrène en 1911.

Nous avons peu d’informations écrites sur ce musicien hors normes, comme d’ailleurs, sur la plupart des sonneurs du temps passé.

Que les Joutes de KERNEVEL soient, pour tous les sonneurs (et les autres) , l’occasion de perpétuer cette joie de vivre qui l’habitait.